Pour introduire : la soif du Sancerrois et les rides de la vigne
L’été 2022 a laissé des sillons profonds en Sancerrois. Presque deux mois sans vraie pluie, une Loire qui semblait cousue de silence, et pourtant, en plein mois d’août, certains ceps sénescents du Clos du Prieuré défiaient la brûlure, portaient des raisins intacts, là où leurs voisines plantées il y a moins de dix ans baissaient la tête, feuilles grillées, baies ratatinées. Ce phénomène, observé par bien des vignerons sur tous les grands terroirs, n’a rien de magique mais tout d’un enchevêtrement d’histoires : celle du végétal, du sol, de la main de l’homme. Pourquoi, face au stress hydrique qui s’intensifie, la vieille vigne tient-elle mieux ? Entre mémoire végétale, système racinaire profond et relations intimes avec son terroir, éclairage à deux voix – l’œil du vigneron, l’analyse du journaliste – sur un mystère qui n’en est pas un.