Le lien direct entre enherbement et augmentation des auxiliaires
La diversité floristique : le carburant de la biodiversité
L’enherbement favorise la diversité végétale, qui elle-même attire des insectes diversifiés. Des études menées dans le Bordelais ont montré que l’on observe 2 à 3 fois plus d’espèces d’insectes auxiliaires dans les interrangs enherbés que dans les sols nus (V. Bohanec, Agronomy for Sustainable Development, 2018).
- Fleurs sauvages spontanées vs semis spécialisés : Des espèces comme le trèfle, la luzerne, le lotier ou la vesce offrent du nectar et du pollen, permettant à des auxiliaires comme les syrphes ou les hyménoptères parasitoïdes d’accomplir tout leur cycle de vie à proximité des vignes.
- Structures refuges : L’herbe offre abri, sites de reproduction et cachettes contre les prédateurs plus importants (oiseaux, lézards, etc.)
- Effet “corridor vert” : Les insectes circulent mieux entre parcelles, générant une mosaïque écologique à l’échelle du paysage viticole.
En 2019, un travail de terrain dans le Languedoc a révélé que les syrphes, “mouches” pollinisatrices et prédateurs de pucerons, voyaient leur population multipliée par 5 dans les zones enherbées au moins 6 mois l’an (source : IFV/LIFE BioDiVine).
La lutte biologique intégrée, une réponse aux pressions croissantes
Moins d’herbicides, moins d’anti-insectes, plus d’équilibres naturels : c’est le principe de la lutte biologique intégrée. Dans la majorité des vignobles suivis par le réseau DEPHY (Ministère de l’Agriculture, 2022), les exploitations ayant opté pour l’enherbement voient une chute moyenne de 20 à 30% du recours aux insecticides sur trois ans.
| Type d’enherbement |
Effet attendu sur les auxiliaires |
Données observées (auxiliaires x/ha) |
| Semi naturel (herbe spontanée) |
Grande diversité, adaptation locale |
300-500/ha |
| Semi spécialisé (mélange fleurs/légumineuses) |
Richesse spécifique, nourriture abondante |
500-800/ha |
| Sol nu (désherbage total) |
Faible diversité, populations stables ou endéclin |
100-200/ha |
Attention toutefois : la relation bénéfique n’est optimale que si l’enherbement n’entre pas trop en concurrence avec la vigne (stress hydrique, blocage azoté), ce qui suppose une gestion fine (tonte, broyage, choix des espèces...).