La taille traditionnelle : héritages et cicatrices invisibles
Longtemps, la taille de la vigne a suivi des règles séculaires — mais adaptées à des contextes et des objectifs différents. À Sancerre, la taille Guyot simple ou double prédomine depuis la replantation en sauvignon post-phylloxéra. Ce système, pratique mais souvent imparfait, a engendré un excès de grosses plaies et de coupes « au même endroit » sur le cep. Or, ces plaies deviennent des carrefours pour les maladies du bois.
- Les tailles courtes et massales de nos aïeux tendaient naturellement à préserver la circulation de sève. Les coupes étaient moins systématiques, les chandelles conservées pour guider la reprise.
- Les tailles mécanisées, plus récentes, favorisent la répétition et la standardisation des gestes — au prix de lignes de sève coupées en masse, et de bois mort accumulé à cœur.
L’INRAE d’Angers (ex-UMR Santé & Agroécologie du Vignoble) situe ainsi le rôle du « cône de dessèchement » comme révélateur : les grosses plaies, mal placées, créent des points morts internes, véritables nids à champignons (voir "L'esca, une vieille maladie d’actualité", Revue des Oenologues, 2020).