Regarder plus loin : vers une viticulture régénérative ?
L’urgence climatique déplace la frontière : le défi n’est plus seulement de prévenir, mais de rebâtir des équilibres. À Verdigny, les premiers essais intégrant arbres fruitiers en inter-rangs (agroforesterie viticole) montrent des promesses pour relancer la dynamique des auxiliaires, freiner l’érosion et baisser la fréquence des avertissements phytosanitaires sur les rangs concernés par rapport au témoin (données Viticulture Durable en Centre-Loire, 2023).
Prévenir sans intrants, ce n’est pas seulement remplacer une molécule par une recette ou une habitude d’antan. C’est réapprendre à observer, innover sans nier le passé, faire circuler la parole et accepter que chaque réponse est unique, ancrée dans les reliefs d’un village, le grain de chair d’un sol, le souffle d’une année particulière.
Avancer dans cette voie nécessite de la patience, une curiosité sans lassitude, l’envie d’apprendre des voisins comme de la plante elle-même. Ce chemin exigeant replace le vigneron au centre du vivant, humble, artisan d’une terre qu’il enrichit au fil des hésitations et des réussites. À Verdigny, c’est ce choix qui fait naître des vins dont la vérité ne se mesure ni au sulfite ni au cuivre, mais à la vitalité des vignes et à la mémoire qu’elles transmettent.