Le chenin dans l’histoire de la Loire : mémoire et migrations
Parfois perçu comme l’enfant du pays angevin, le chenin (aussi appelé Pineau de la Loire) a essaimé au gré des crises et déplacements maraîchers. Il s'est forgé sa réputation à Savennières, Vouvray et Montlouis. Cultivé aujourd’hui sur quelque 10 500 hectares dans le monde, dont près de 9 000 en France (source : InterLoire, Observatoire cépages 2022), ce cépage s’adapte en général à l’amplitude de températures et aux sols pierreux ou argilo-calcaires.
Pourtant, à Verdigny, c’est le sauvignon qui a pris la main depuis l’essor de l’AOC Sancerre au XXe siècle, du fait de son expression cristalline sur nos silex. Mais il n’est pas totalement rare de retrouver, dans les archives, la trace de plantations de chenin dans notre secteur avant la calcification des cahiers des charges. On sait, par exemple, qu’au XIXe siècle, la cohabitation de cépages était bien plus souple que de nos jours (cf. J. Goudou, Vignoble du Berry, 1888 — BNF).