Un Sancerre à deux voix : entre mémoire du terroir et questions d’avenir
Le Sancerrois, à force d’être associé aux deux grands cépages que sont le Sauvignon blanc et le Pinot noir, en oublierait presque le reste de son histoire ampélographique. Ce qu’on appelle aujourd’hui, parfois un peu vite, “cépages secondaires” a longtemps composé la mosaïque vivante du vignoble, notamment à Verdigny-du-Cher, où la configuration des sols et le climat de Loire dictaient leur présence ou leur effacement. Mais à l’heure où la monocépage règne – et où le climat bouscule la table –, la question de leur avenir se pose avec une acuité nouvelle.
Le propos n’est pas de promouvoir une histoire figée ou de verser dans la nostalgie. Mieux comprendre le rapport entre les cépages “moins nobles” et la géologie locale, c’est questionner notre propre rapport au vin, au goût, à l’adaptation, à l’identité du Sancerrois. Y a-t-il de l’espace, dans ce village de vignerons, pour une diversité retrouvée ? Les sols de Verdigny incitent-ils à expérimenter ? Et qu’entend-on exactement par “cépage secondaire” ?