Cépages alternatifs : traditions éteintes, nouvelles expériences
Avec la montée des enjeux climatiques et la recherche de typicité, quelques domaines expérimentent le retour ou l’introduction de cépages historiques, oubliés ou résistants, voire l’adaptation des techniques culturales.
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Le Chasselas : Ancien pilier du Sancerrois (jusqu’à 20% du vignoble fin XIXe selon A. Pitte, “Le Vignoble de Sancerre”, 1994), il n’a presque pas survécu à l’ère AOP : trop faible en aromatique, fragile aux maladies.
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L’Arbois et Gamay : Ces cépages, autrefois mêlés, persistent anecdotiquement. Ils démontrent l’ouverture d’esprit des vignerons de Verdigny, curieux de magnifier des petits coins de parcelles en vin de France, mais ils peinent à égaler l’harmonie du Sauvignon sur marnes blanches.
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Cépages résistants (piwi) : Très expérimentaux à Verdigny : quelques pieds de Souvignier gris ou de Muscaris apparaissent ci et là, mais la recherche porte plus sur l’adaptation de clones de Sauvignon mieux adaptés aux étés chauds que sur une révolution variétale (Chambre d’Agriculture du Cher, 2023).
Les effets du changement climatique : de nouveaux équilibres à trouver ?
Depuis vingt ans, la température moyenne grimpe de 1,1°C autour de Sancerre (source : Météo France), la pression hydrique s’accentue et les vendanges avancent de plus en plus tôt – début septembre au lieu de mi-septembre il y a trente ans. Alors, les terres blanches, traditionnellement tardives, deviennent précieuses pour maintenir fraîcheur, tension et potentiel de garde.
Ce mouvement favorise paradoxalement la reconquête de parcelles autrefois jugées “froides”, en surmontant certains risques de pourriture par une meilleure ventilation et un travail du sol adapté. La réflexion se porte également vers la densité de plantation – certains repassant à 8000 ou 10 000 pieds/ha comme autrefois – et sur la capacité du Sauvignon à absorber le surplus hydrique lors des années pluvieuses.