Les indicateurs-clés à suivre : sélection terrain pour viticulteurs
1. Consommation de carburants fossiles (Scope 1)
Tracer la consommation de GNR (gazole non routier), fioul, propane, reste le premier révélateur carbone du domaine. Prendre en compte :
- Nombre de litres consommés par type de matériel (tracteur, rogneuse, etc.)
- Nombre d’heures d’utilisation annuelles
- Nombre d’interventions culturales par hectare
Pratique terrain : Quelques solutions comme MesParcelles, Smag Farmer (gestion parcellaire) intègrent désormais un suivi précis de la conso annuelle par poste et par engin.
Donnée repère : Selon l’Agreste, la moyenne se situe autour de 100 à 150 litres de GNR/ha/an sur un vignoble en conventionnel, jusqu’à 250 litres dans certains contextes mécanisés intensifs.
2. Indicateur “intrants” : engrais, amendements, produits phytosanitaires
L’indicateur-clé à suivre ici : le nombre total de kilos (ou litres) d’intrants appliqué à l’hectare et par an, ventilé par type de produit :
- Engrais minéraux (NPK) : leur production (notamment l’azote) pèse lourd : 1 kg d’azote minéral émet près de 7 kg de CO2 équivalent (ADEME).
- Produits phytosanitaires : chaque molécule a un facteur d’émission propre (voir e-GESphy de l’ADEME)
- Amendements organiques : si issus du compost local ou d’effluents animaux, il est pertinent de noter leur origine, car le facteur d’émission varie (transports, mode d’élaboration, etc.)
Outil terrain : Les outils de traçabilité agro (MesParcelles, Smag, Geofolia) agrègent ces données. Un affichage “kg d’intrant par hectare” permet la comparaison d’une année sur l’autre.
3. L’indicateur “bouteille/verre” : poids, origine, réemploi
Le verre est le principal poste d’émission (hors export). L’indicateur simple : le poids moyen des bouteilles utilisées. Deux réflexes à suivre :
- Bouteille légère : en France, l’écart est de 400g (bouteille standard) à 900g (bouteille “prestige”). Selon Adelphe, passer de 900g à 500g fait baisser de 40% les émissions liées à la fabrication par rapport à la bouteille lourde (Adelphe 2021).
- Réemploi : le réemploi d’une bouteille permet une division par sept (!) de son impact carbone par rapport au recyclage classique.
À suivre :
- Poids moyen des bouteilles (g/ unité ou kg/hl)
- Taux de bouteilles en verre léger ou réemployées (%)
- Part des emballages recyclables/recyclés (%)
4. Énergie consommée au chai et au stockage (Scope 2)
L’électricité, le gaz pour le chauffage ou la réfrigération, l’eau chaude – tout compte. Les indicateurs à suivre :
- Kilowattheures consommés par an et par process (vinification, embouteillage, stockage, etc.)
- Part d’électricité d’origine renouvelable (%)
Donnée technique : Pour la climatisation de chai, l’IFV indique une moyenne de 15 à 18 kWh/hl. Les caves naturelles descendent sous les 7 kWh/hl.
5. Logistique et transport (Scope 3 principal du commerce du vin)
Le bilan carbone du transport est souvent sous-estimé. À suivre :
- Total des kilomètres parcourus pour : intrants reçus, ventes, expéditions, déplacements commerciaux, etc.
- Typologie des modes de transport : route, rail, maritime, livraison mutualisée, etc.
- Volume transporté/ km (calcul van utilisé par tonne de vin expédié)
À contacter : Les transporteurs spécialisés (Ex : GEODIS, Hillebrand) fournissent leur propre factorisation carbone selon le mode choisi (fret groupé, direct, etc.).