Quand le coteau prend la fuite : comprendre la vulnérabilité des pentes viticoles
Poser le pied dans une rangée de vigne à flanc de coteau, c’est faire corps avec la gravité. À Verdigny-du-Cher, mais aussi à Hermitage, au Lavaux, ou sur les versants caillouteux du Douro, la vigne épouse souvent la déclivité. Cette inclinaison majestueuse, qui fait le prestige des terroirs, expose paradoxalement ces mêmes terroirs à leur pire ennemi : le ruissellement de l’eau.
Après un orage, l’œil averti repère vite les stigmates : tracées fraîches dans le sol, radicelles mises à nu, microglissements de terre coupant la ligne des ceps. L’eau file, emporte le sol arable et creuse des rigoles là où, cinquante ans plus tôt, la terre tenait bon. Les chiffres sont sans appel : selon l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), sur des versants viticoles non couverts, l’érosion peut atteindre 30 à 40 tonnes de terre/hectare/an dans certains vignobles du Languedoc ou du Sud-Ouest. Et la pente, plus que la pluie, fait le désastre : au-delà de 15 %, le risque d’érosion explose littéralement (INRAE).