Retour d’expérience : ce que les vignerons constatent & les questions qui demeurent
Les pratiques diffèrent : certains optent pour l’enherbement intégral, d’autres choisissent des bandes alternées ou des haies reconstituées avec essences locales. Un consensus : l’entretien, la diversité floristique et l’adaptation à la terroir et au climat local font la différence.
- Les vignerons qui adaptent la hauteur et la largeur des haies à la pente réduisent significativement les coulées de boue en bas de parcelle.
- L’enherbement temporaire (désherbage l’été, herbe l’hiver) offre un compromis dans les zones à risque de sécheresse, maintient une certaine souplesse agronomique mais protège moins bien le sol lors de violents orages estivaux.
- La reconstitution d’anciens réseaux de haies (champs de Sury-en-Vaux, par exemple) ralentit la perte de sol, tout en favorisant l’accueil d’espèces emblématiques disparues ou rares, comme la linotte ou la pie-grièche.
En revanche, la question de la rentabilité à court terme demeure. Certaines estimations disent qu’implanter une haie coûte entre 3 000 et 7 000 euros/km (en fonction de la diversité et de la maturité des plants), màis que la préservation du sol économise, à moyen terme, les frais de replantation, de rectification du drainage et de correction du sol (Sol en Vigne).
À l’horizon : faut-il généraliser ces dispositifs, sur quels types de sols, selon quelles modalités de financement et d’entretien ? C’est l’un des enjeux posés aux nouvelles générations de vignerons, tout autant que la qualité finale du vin.