Observer la vie renaître sous les pieds… de vigne
Sur une parcelle ordinaire du Sancerrois, le sol nu a longtemps été la règle : la terre, retournée, tracée au cordeau, attendait la vigne, rien que la vigne. Mais à force d’arpenter ces rangs, mètre après mètre, saison après saison, des indices ont surgi : oiseaux plus rares, silence de plus en plus dense, tapis d’herbe maigres ou absents sur certains terroirs, malgré la promesse des pluies de printemps. La question n’est plus seulement viticole : qu’avons-nous fait à la vie du sol ? Peut-on redonner place à l’inattendu, au vivant, à l’équilibre, en laissant l’herbe — mais pas n’importe quelle herbe — reprendre racine ?
L’enherbement maîtrisé, dans le Sancerrois comme ailleurs, c’est l’idée de couvrir le sol sous les vignes avec des espèces végétales sélectionnées, temporaires ou permanentes, sans abandonner pour autant la maîtrise du vignoble. Inscrit dans la mouvance de la viticulture durable, l’enherbement a vu ses premières expérimentations dans le Bordelais dès les années 1970 (source : IFV), mais c’est surtout depuis les années 2000 qu’il a été redécouvert comme outil majeur de transition agroécologique.