Quels défis pour demain ? Les questions qui fâchent… et qui stimulent
La gestion de l’enherbement naturel n’efface pas d’autres préoccupations, bien au contraire, elle met au jour des dilemmes et des problématiques renouvelées :
- Changement climatique : l’enherbement peut-il rester soutenable sur les coteaux les plus secs, ou devra-t-on recourir à du désherbage partiel pour éviter la perte en rendement ?
- Évolution de la flore spontanée : la prolifération de certaines espèces résistantes impose-t-elle une surveillance accrue, voire le recours à des couverts émiettés ou “pilotés” (semis de légumineuses/fabacées) ?
- Économie de la main-d’œuvre : coûtera-t-on le temps et les bras demain pour maintenir ce qui relève encore, en partie, de la passion plus que du calcul ?
Ceux qui connaissent Verdigny le savent : rien de tout cela n’est jamais tranché une fois pour toutes. Le vent, les intempéries, les projets des vignerons voisins, le retour des insectes rares – tout ajoute à l’histoire, à la singularité du terroir. L’enherbement naturel, même en apparence discret, façonne et raconte désormais la vigne sancerroise. C’est dans ce dialogue, fragile mais stimulant, que les vins du village puisent une part de leur âme.
Des sols vivants et résonnants, une diversité d’herbes et d’arômes, quelques nuages d’incertitudes : c’est tout le paradoxe mais aussi toute la richesse d’un enherbement bien pensé, bien observé, et inlassablement débattu sur les coteaux de Verdigny.